L’ESPÉRANTO AU BACCALAURÉAT
Généralisation possible, aux pays membres de l’Union Européenne, du système hongrois des examens de langues étrangères à la fin des études secondaires (baccalauréat), donnant une plus grande liberté dans le choix des langues.
Le système scolaire hongrois, dès les années 60, accordait une reconnaissance à l’espéranto. Par la suite, il a été introduit également à l’Université «EÖTVÖS LORÀND» de Budapest comme matière que les étudiants pouvaient apprendre parallèlement aux autres matières. Les diplômés dans cette matière pouvaient animer des cercles spécialisés en espéranto dans les établissements du primaire et du secondaire. Par la suite, l’espéranto a été enseigné, quoique sur une échelle réduite, dans les établissements hongrois du primaire et du secondaire et conséquemment, il a toujours été donné aux élèves la possibilité de passer des épreuves d’espéranto, l’examen permettant d’acquérir des points pour l’accès aux études universitaires.
Cet examen était géré par une instance spécialisée, le Centre pour le perfectionnement dans les langues étrangères (Idegennyelvi Tovaàbbépzo Központ, ITK), et par la suite, également par des centres universitaires et autres. La popularité de l’Espéranto, dans le cadre des possibilités données pour son étude et son examen, est telle qu’au cours de l’année 2004, il représentait pour le centre mentionné ITK, la troisième langue choisie après l’anglais et l’allemand.
Cette possibilité n’existe pas, comme on le sait, dans les systèmes scolaires plus rigides de certains autres pays de l’Union Européenne dans lesquels, en effet, on ne peut passer d’examens que pour les langues enseignées dans les établissements, de surcroît en nombre limité. (1)
Dès l’année scolaire 2004-2005, il a été introduit, en Hongrie, un nouveau système d’examen à la fin du cycle secondaire (décret gouvernemental 100/1997 -VI 13 conformément aux prévisions de la loi sur l’instruction publique LXXIX de 1993 -94§(3) c). Le nouveau système qui s’inspire en partie du modèle anglais d’organisation de ce type d’examens, prévoit encore que, parmi les options aux examens, l’une d’elle compte pour l’entrée à l’université. Les examens peuvent se dérouler dans l’établissement où le candidat fait ses études, ainsi que devant des commissions indépendantes spécifiquement habilitées à s’occuper de ces examens.
Les examens de fin d’études scolaires comprennent essentiellement 4 matières obligatoires : langue et littérature hongroise, mathématiques, histoire, langue étrangère, plus une matière facultative au choix. Cette matière facultative peut, elle aussi, être une deuxième langue étrangère. Parmi les langues étrangères donnant droit à option pour l’examen, il y a le latin et environ 20 autres langues, parmi lesquelles l’espéranto.
Le contenu des épreuves de l’examen est préparé par une commission centrale et, de même, la correction et l’évaluation se font selon des critères valables à l’échelle nationale. Les épreuves se déroulent uniquement dans la langue étrangère et elles visent à sanctionner la capacité à maîtriser celle-ci. D’après l’échelle de référence élaborée par les experts du Conseil de l’Europe, le niveau est «B2» pour l’option dans les examens donnant droit à l’entrée à l’université. Ils comprennent un écrit et un oral. Ce système, beaucoup plus souple, remplace progressivement le système antérieur.
Ce nouveau système est à mettre en parallèle avec le système britannique. Il serait opportun de travailler en concertation entre la Commission, le Conseil et le Parlement, à une directive de l’Union Européenne, directive invitant les gouvernements à adopter, dans chacun des pays en fonction de ses lois et de ses règlements propres, les modifications à apporter à ses règles scolaires afin que le nombre de langues sujets à épreuves à la fin de l’enseignement secondaire soit le plus étendu possible et qu’il inclue toutes les langues qui sont aujourd’hui apprises et admises pour les examens dans tous les états membres de l’Union Européenne (y compris donc l’espéranto, reconnu actuellement officiellement en Hongrie).
Note (1) : De ce point de vue des langues possibles en option au baccalauréat, de leur nombre et de la nécessité de leur enseignement effectif dans les établissements secondaires, le Ministère de l’Éducation Nationale en France a sans aucun doute raison quand il affirme que la France est mieux lotie que bien d’autres pays... mais sans l’espéranto !!
